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​© David Munoz  / Tous droits réservés / Adagp Paris.

UNIVERSUM

  Dans nos sociétés occidentales, l’Homme a tendu à normaliser l’environnement urbain et péri-urbain, et plus largement son territoire, au point d'y perdre le lien qu'il entretenait avec la nature et l’univers qui forment un « tout » (Universum). Faisons-nous, de ce fait, l'expérience d'une appréhension du monde -tant physique que psychologique- différente ? D’une inversion des valeurs ?
  Mon projet questionne, dans ce contexte, notre positionnement -ainsi remis en perspective- par rapport à la nature, au paysage et à l’univers. Dans cette optique, je propose d’établir un dialogue, nourri de contrastes et de connivences, entre ces divers éléments, par le biais d'une série de diptyques jouant sur les effets d’échelle : des paysages majestueux, imposants, juxtaposés aux images, en plus petit format, de ciels profonds, de la Voie lactée, d'amas d’étoiles, de nébuleuses ou de galaxies. Rappel de l’échelle humaine, la table, fabriquée par la main de l’homme dans un matériau issu de la nature, vient symboliser convivialité et rapports d’humanité.

MERS, MONTAGNES, DESERTS, VOLCANS. UNE NATURE QUI S’IMPOSE A NOUS.

  La mer observée depuis le rivage nous place face à une incommensurable étendue. Le relief montagneux, issu du mouvement des plaques tectoniques, investi ou non par l'activité humaine, en fonction des conditions plus ou moins extrêmes qui y règnent et du degré d'accessibilité, structure notre géographie mentale, lançant des défis à l'imaginaire. Le désert, étendue minérale de roche et de sable, à perte de vue, renvoie, lui, au néant, au silence, à l'infini des distances, à la solitude. S'y rencontrent le statique, la pérennité et la perpétuelle mobilité d’un paysage changeant, du fait des conditions climatiques et météorologiques. Formations géologiques -jamais définitivement stabilisées- résultant de la montée puis de l'éruption du magma, figures tutélaires de paysages aux sols fertiles, les volcans revêtent une charge de sacralité, associés qu’ils sont aux mondes souterrains des Enfers et défunts, aux mythes et légendes correspondants.

SOLEIL, VOIE LACTEE, AMAS D’ETOILES, NEBULEUSES, GALAXIES. UN UNIVERS INFINI.


  Face à l'immensité du cosmos sur lequel ouvre le ciel, notre planète, d'un rayon d'environ 6 370 km, est un astre de taille tout à fait modeste, en orbite autour d'une étoile, le Soleil. D’un diamètre de 1.392.684 kilomètres, le Soleil -"naine jaune" dans la classification astronomique- fait figure de petite étoile. C’est l’énergie tant lumineuse que thermique transmise par le rayonnement solaire qui rend possible la vie sur Terre. La place -éminente- de l’astre dans les diverses civilisations est à la mesure de ce rôle. L'unité astronomique (UA) -environ 150 millions de kilomètres- est basée sur la distance Terre-Soleil. D'autres planètes orbitent autour du Soleil, la plus éloignée étant la naine Pluton, distante de 30 à 49 UA (entre 4,5 et 7,35 milliards de kilomètres).

  Le système solaire lui-même s’imbrique dans une structure plus vaste, la galaxie (celle qui nous concerne étant dénommée "Voie lactée "), qui comprend plusieurs centaines de milliards d'étoiles. L'étoile la plus proche du Soleil, Proxima du Centaure, se trouve située à un peu plus de 4 années-lumière de ce dernier, soit 45 000 milliards de kilomètres, soit 10 000 fois la distance Soleil-Neptune. La plupart des étoiles visibles à l'œil nu dans le ciel nocturne se situent à des distances de plusieurs dizaines, voire centaines, d'années-lumière. Le Soleil ne se trouve pas au centre de la galaxie, mais à environ 25 000 années-lumière de celui-ci. Notre galaxie a un rayon quasiment double de cette distance, pour un diamètre d'environ 100 000 années-lumière. Autant de dimensions représentatives de la moyenne des galaxies de l'univers.
  Les galaxies naines -nombreuses dans le voisinage de la nôtre- mises à part, la galaxie massive la plus proche de la nôtre est celle d'Andromède (M 31), à une distance légèrement supérieure à 2 millions d'années-lumière. Notre galaxie et celle d'Andromède constituent les deux représentantes les plus massives d'un groupe de galaxies désigné par le terme de "Groupe local", large de quelques millions d'années-lumière. Il existe d'autres structures plus grandes, dans l'univers, appelées amas de galaxies et superamas. L'amas le plus proche du Groupe local est l'amas de la Vierge (ou amas de Virgo, d'après le nom latin de la constellation), lui-même situé à proximité du centre du superamas de la Vierge. Les superamas sont les plus grosses structures existant dans l'univers. Leur taille ne dépasse toutefois pas les 200 à 300 millions d'années-lumière.
  La limite de l'univers observable se situe à quelques 45 milliards d'années-lumière, soit la distance de l'horizon cosmologique dans le cadre du modèle standard de la cosmologie. Dans l'univers observable, on estime à 10 millions le nombre des superamas et à 25 milliards celui des amas de galaxies. Le nombre de galaxies massives (supérieures ou équivalentes à la nôtre) y est, lui, estimé à 350 milliards. L'estimation du nombre des étoiles y est quant à elle de 30 000 milliards de milliards (3×1022). Que représentons-nous dans le cosmos ? Nous ne sommes qu’une poussière d’étoile en errance dans un univers en perpétuelle expansion, infinie étendue de matières et de vide.

 

UNIVERSUM
 

In our Western societies, Man has tended to normalize the urban and peri-urban environment, and more broadly his territory, to the point of losing the link he had with nature and the universe which form a "whole" (Universum). Do we therefore experience a different understanding of the world - both physical and psychological - that is different? A reversal of values? In this context, my project questions our positioning - thus put into perspective - in relation to nature, the landscape and the universe. In this perspective, I propose to establish a dialogue, nourished by contrasts and connivance, between these various elements, through a series of diptychs playing on the effects of scale: majestic, imposing landscapes, juxtaposed with images, in smaller format, of deep skies, of the Milky Way, clusters of stars, nebulae or galaxies. A reminder of the human scale, the table, made by man's hand from a material derived from nature, symbolizes conviviality and relationships of humanity.

SEAS, MOUNTAINS, DESERTS, VOLCANOES. A NATURE THAT IMPOSES ITSELF ON US.

The sea observed from the shore places us in front of an immeasurable expanse.
The mountainous relief, resulting from the movement of tectonic plates, whether or not occupied by human activity, depending on the more or less extreme conditions prevailing there and the degree of accessibility, structures our mental geography, posing challenges to the imagination.
The desert, a mineral expanse of rock and sand, as far as the eye can see, refers to nothing, silence, infinite distances and solitude. It is where the statics, durability and perpetual mobility of a changing landscape meet, due to climatic and meteorological conditions. Geological formations - never definitively stabilized - resulting from the rise and eruption of magma, tutelary figures of landscapes with fertile soils, volcanoes take on a sacred charge, associated with the underground worlds of the Underworlds and the dead, with the corresponding myths and legends.

SUN, LACTEAL PATH, STAR CLUSTERS, NEBULAE, GALAXIES. AN INFINITE UNIVERSE.

Faced with the immensity of the cosmos to which the sky opens, our planet, with a radius of about 6,370 km, is a star of quite modest size, orbiting around a star, the Sun. With a diameter of 1,392,684 kilometres, the Sun - the "yellow dwarf" in the astronomical classification - is a small star. It is both the light and thermal energy transmitted by solar radiation that makes life on Earth possible. The eminent place of the star in the various civilizations is commensurate with this role.
The astronomical unit (AU) - about 150 million kilometres - is based on the Earth-Sun distance. Other planets orbit the Sun, the most distant being the Pluto dwarf, 30 to 49 AU (between 4.5 and 7.35 billion kilometers) away.

The solar system itself is embedded in a larger structure, the galaxy (the one we are concerned with is called the "Milky Way"), which includes several hundred billion stars. The star closest to the Sun, Proxima du Centaure, is located a little more than 4 light years from the Sun, 45,000 billion kilometres, or 10,000 times the Sun-Neptune distance. Most of the stars visible to the naked eye in the night sky are located at distances of several tens, even hundreds, of light years. The Sun is not at the centre of the galaxy, but about 25,000 light-years from it. Our galaxy has an almost double radius of this distance, with a diameter of about 100,000 light years. All these dimensions are representative of the average of the galaxies in the universe.
The dwarf galaxies - many in the vicinity of ours - aside from that, the closest massive galaxy to ours is the Andromeda galaxy (M 31), at a distance of just over 2 million light years. Our galaxy and that of Andromeda are the two most massive representatives of a group of galaxies referred to as the "Local Group", a few million light-years wide. There are other larger structures in the universe called galaxy clusters and superclusters. The closest cluster to the local Group is the Virgo Cluster (or Virgo Cluster, after the Latin name of the constellation), itself located near the center of the Virgo Supercluster. Superclusters are the largest structures in the universe. However, their size does not exceed 200 to 300 million light-years. The observable universe boundary is about 45 billion light-years away, the distance from the cosmological horizon within the standard cosmological model.