COSA MENTALE /

Une impression de déréalité © David Munoz

Le projet d’œuvre intitulé « Cosa Mentale » pousse le spectateur à naviguer à la frontière de mondes physiques capturés par l’appareil photographique et de mondes virtuels fabriqués par des ordinateurs grâce à la théorie du fractale. 

 

Bâtie sur une modélisation du monde physique, la fractale répète les motifs issus de l’environnement biologique. Avec le développement des nouvelles technologies permettant la création d’images par des ordinateurs et de réalités virtuelles avec des rendus très photoréalistes, l’expérience du réel est réduite à sa simple représentation. L’expérience de l’œuvre vise à mettre à l’épreuve notre conscience du monde et de nous-même par l’exposition d’une volonté d’évasion hors de soi et d’une urgence environnementale sans précédent. Celle de vouloir combler un manque d’expérience du réel par l’expérience des images issues de réalités virtuelles.

 

À travers de ce projet d’œuvre, le spectateur se projette dans un paysage idéalisé, issu d’une construction mentale et virtuelle, une tentative d’échapper à l’Anthropocène, une époque géologique dans laquelle nous vivons désormais, et qui a débuté lorsque les activités humaines ont eu un impact global sur l’écosystème terrestre. Comme le décrit la philosophe Anne Cauquelin, notre notion du paysage et sa réalité perçue sont une invention, un objet culturel déposé, ayant sa fonction propre qui est de réassurer en permanence les cadres de la perception du temps et de l’espace.

 

L’avènement des nouvelles technologies de l’information pose la question de la réalité du paysage qui devient un simulacre en recouvrant le paysage physique au point de le recouvrir complètement. La modification de notre environnement, nous sommes amène à générer des simulations d’une nature, pour feindre d’avoir ce que nous n’avons plus.

La démarche artistique de David Munoz implique ainsi une interaction entre le regardeur et l’œuvre. Il privilégie la participation plutôt que la contemplation, l’échange plutôt qu’un confinement du savoir, le partage plutôt que le monopole des idées et ceux quelques soient les lieux d’expositions et les catégories sociaux-culturelles qui seront amenées à découvrir son œuvre.

 

L’œuvre utilise par ailleurs, des technologies innovantes qui sont issues de modélisations mathématiques du vivant afin de dépeindre une représentation virtuelle et immersive de notre environnement futur. Elle fait appel à des générateurs de fractales. Il s’agit d’outils qui permettent à l’artiste d’imaginer des mondes et de générer des représentations hyperréalistes, en prenant en compte les éléments géographiques, géologiques et les conditions météorologiques (latitude, niveau d’ensoleillement, matière minérale, qualité de l’air, réflexion et réfraction de la lumière dans l’eau…), en se basant sur les projections des climatologues.

 

Vous l’aurez compris, au-delà de l’aspect purement poétique de l’œuvre, Cosa Mentale est projet nourri d’une multitude de composantes, que ce soit l’ouverture sur le monde, l’ouverture aux échanges et aux collaborations. C’est également un travail engagé témoignant d’une urgence écologique. Il vise enfin à accompagner un public large et diversifié afin d’éduquer le regard et questionner le rapport au réel et au monde. À travers l’usage de différentes technologies, tout en préservant la dimension poétique, le projet d’œuvre témoigne de différents états de conscience comparables aux multivers, c’est-à-dire à l’idée d’univers multiples (Humain et environnement) qui coexistent ensemble pour constituer une réalité polyforme.

Coordonnées / coordinate : 

68.392552, 15.082690

46.439387, 8.074683

​© David Munoz  / Tous droits réservés / Adagp Paris.